Cherchons-nous à devenir des robots ?

Ils nous intriguent, nous fascinent, nous surveillent #Googlebot, nous effraient… C’est derrière cette flopée d’interrogations, d’émotions et d’idées pré-conçues que se cachent les robots. Navrée de te décevoir, mais le temps où les robots étaient en ferraille est révolu (bisou Wall-E, en avance sur notre époque dans les modes de vie mais pas dans son design. On espère quand même que les tutos fitness de Sissi Mua nous empêchera cette fatalité concernant notre lassitude à marcher). Je t’avouerai que pragmatiquement, ceux qui m’intéressent sont les robots qui sont impalpables, v(l)isibles uniquement par le biais de quelques lignes de code. Enfin, l’intérêt n’est pas de débattre sur les diktats des robots contemporains mais plutôt notre rapport avec eux (sans idées obscènes svp, si tu veux creuser ce sujet, cet article en parle très bien). J’ai plutôt en tête cette constante quête de performance, qui a tendance à transformer nos actions en process et en de nombreuses formes de tracking. Pourquoi cherchons à constamment nous déshumaniser pour sans cesse optimiser notre potentiel humain ? (On était à deux doigts d’une belle Oxymore, dommage).

Forger son profil au profit du market-fit #FutureRecrue.

Ne nous voilons pas la face. Le performance est devenue tellement “in” qu’on se voit la tracker sous toutes les formes et ce, dans un maximum de domaines possible. Parce que oui, dans un monde ultra-concurrentiel, la tendance est à la diversification de la spécialisation. Paradoxal ? Non, utopique simplement. Internet nous dévoile gracieusement une pluralité de personnes qui excellent dans leur domaine. On investigue, on espionne, on se compare. C’est dans cette dynamique que l’on débute naïvement une nouvelle activité qui fait la une sur Youtube pendant un temps pour la délaisser quelques temps plus tard (laissons planer le doute quant à la précision de cette même temporalité… pour le bien de notre ego). Débuter une activité quelle qu’elle soit est tout à fait louable et presque courageux dans une ère où la flemmardise l’emporte sur beaucoup (trop) de choses. Mais tu vois où je veux en venir… Cette persévérance associée à cette quête de régularité se voit exister seulement sur le court terme pour ne devenir qu’un souvenir brumeux (et les titres bankables des contenus associés à la productivité). Le souci, c’est que l’on débute une nouvelle expérience dans l’expectative de la réaliser à la perfection sans passer par le stade de médiocrité. Spoiler alert : c’est tout bonnement impossible, à moins de détenir un don dissimulé. Revenons à cette “trend” (oui je me la pète, et alors) de la diversification de la spécialisation. Sans vouloir le blâmer (bon okay, un peu…), le monde du travail me paraît complètement en phase avec cette tendance. On pourrait même dire, sournoisement, qu’il en est à l’initiative. J’entends par là cette volonté de trouver des candidats qui doivent exceller dans toujours plus de domaines. Les recruteurs s’attardaient, d’antan, sur les compétences et notre habilité à bosser seul.e ou en équipe, mais désormais ils s’attardent sur nos loisirs et notre intelligence émotionnelle. Je dois dire que je suis plutôt satisfaite de ce tournant. Mais il a un penchant un peu evil… En plus de devoir être formé.es sous la renommée d’écoles prestigieuses (jalouse ? Oui complètement. On veut tous avoir Harvard sur son CV), être trilingue et avoir des expériences professionnelles avant d’avoir atteint la majorité américaine, on se doit également de développer des compétences créatives et sociales en phase avec le secteur de ladite entreprise. Que l’on soit créatif ou non dans l’âme, cette demande excessive a tendance a faire pencher cette fibre artistique du côté de la performance afin de montrer toujours plus de projets, de compétences, pour parfaire notre personnalité et la juger bankable ou non. On essaie de “fitter” avec la demande exigeante des recruteurs qui doivent trouver l’anormalité socialement acceptable dans une masse de gens… normaux (un peu d’empathie envers nos RH tout de même). On recrute des talents, des personnalités et non plus des compétences. Et c’est tant mieux ! À nous maintenant de nous démarquer avec des formations tout azimut et un story-telling chiadé… #QueLeMeilleurGagne.

Le tracking abusif de son mode de vie.

Je vais devoir me calmer sur la longueur des parties, sinon je vais sortir des exigences du contenu contemporain #SEOfirst. Revenons sur nos robots et notre tracking (oui, tu l’auras remarqué, j’aime les digressions. Mais restons concentrés). Et les chers icônes qui partagent notre quotidien frénétique sur nos écrans y participent beaucoup. Oui. Ces applications qui nous poussent à collecter des datas sur notre propre mode de vie (de pensée ? Florent Pagny, remet nous dans le droit chemin steup’). On valide l’intrusion de chacune d’entre elles dans nos routines sportives, alimentaires, de sommeil… dans le but de l’améliorer, cette routine, voire même l’optimiser sans cesse. On veut être au top de notre life tous les jours tout en se laissant allègrement happer par la flemmardise (Bonjour Netflix, bonjour Top Chef, bonjour les anges. Quand on ne maîtrise pas la grammaire, on ne méritent pas de majuscules, c’est comme ça). On retrouve d’ailleurs cette idée d’humain “perfectible” dans le travail cinématographique de James Ponsoldt, The Circle. On cherche constamment à être plus séduisant.es, intelligent.es, productif.ves afin de partager la meilleure parcelle de notre vie sur les réseaux sociaux. Cette vie qui paraît pourtant toujours trop normale et simpliste à nos yeux à côté de l’extraordinaire qui régit nos clics intempestifs. Il faut savoir que mon taf, c’est d’optimiser ces chers outils de marketing digital dans le but de faire gonfler mon tendre ROI. Certes, on est sur de l’impalpable (on est une nana de la data ou on l’est pas), mais ces outils ont été créés pour être performants et nous, marketers, pour les optimiser. Mais en ce qui concerne notre quotidien, jusqu’où va son optimisation avant de se déshumaniser ? Cette quête de performance est-elle dans l’intérêt de notre santé mentale ou au contraire, nous piègerait-elle nous pas dans une spirale infernale de la perfection ? Tu as 2h.

Deux salles, deux ambiances : déshumanisation & quête de performance VS la trend du Slow Life.

Paradoxal n’est-ce pas (décidément) ? Pourtant, je dénote un certain manque de cohérence dans nos quotidiens effrénés. Pas toi ? On s’ (nous ? #ThéorieDuComplot) inflige un mode de vie coercitif tout en s’efforçant de lâcher prise paisiblement. C’est quelque peu compliqué de stimuler tous ses sens pour se perfectionner afin de correspondre à un entretien d’embauche, ressembler à notre bloggueuse mode pref’ (#SalutLesGiiiiiirlz) ou simplement atteindre notre idéal personnel tout en souhaitant relâcher cette pression sous-jacente de repente (oui, j’ai bossé pour être trilingue okay) lors d’une séance de méditation improvisée. D’ailleurs, cette même méditation sera vouée par la suite à être trackée dans un objectif de performance #NousSachons. Mais on ne libère pas ses chakras comme ça #DésoLesGens. Bien que Petit Bambou monitore très bien notre aptitude à méditer, il faut passer par cette étape de la pratique (beurk), la régularité (Oh My Gad) et de la persévérance (achevez-moi). Encore, ce stade de “médiocrité” que l’on veut hâtivement sauté. Peut-être parce qu’il est beaucoup trop humain à notre goût…

Ah, cette ère digital qui tend à nous ro-beau-teas-é.

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