Les leaders sont-ils forcément de bons orateurs?

Quand je pense à un leader, je pense souvent à des personnes charismatiques qui ont la capacité (un pouvoir en quelque sorte) de guider un groupe et de le faire adhérer à ses idées. Le tout dans une dynamique de partage et d’écoute bien sûr (sinon on se retourne sur le concept de secte… Mais nous ne polémiquerons pas sur ce point ici). En réalité, je pense beaucoup aux intervenants des conférences TEDx. Ces gens nous racontent des histoires passionnantes d’une manière limpide que nous sommes littéralement pendus à leurs lèvres. Il est certain qu’un leader est bien plus qu’un bon orateur. Mais dans cet article, concentrons-nous sur cette capacité à maîtriser parfaitement son langage pour engager son entourage.

Comment l’expression orale contribue-t-elle au leadership ?

Le langage parlé passe par un vocabulaire spécifique, vous en conviendrez. L’astuce consiste de se tenir à ce choix tout au long de son discours. Vous pouvez prendre une tournure humoristique (à manier avec précaution selon le sujet) pour alléger le discours (et parfois l’atmosphère… !), mais aussi pour captiver l’attention. Le ton utilisé dans l’humour est souvent rythmé, ponctué et il faut dire qu’il mobilise notre attention et beaucoup de nos sens. Si vous pouvez faire rire votre public, vous êtes en interaction directe avec les gens. Et l’interaction signifie la concentration mais aussi un souvenir du discours davantage ancré dans la mémoire. Le ton peut être plus formel et neutre, sans paraître pour autant désintéressé. L’essentiel est d’utiliser des mots forts qui font appel aux émotions. L’image d’un leader est toujours celle d’une personne qui vit littéralement son discours. Il doit émaner une certaine confiance afin que les gens croient autant que lui en son discours et aux idées qu’il véhicule. Une certaine forme de mimétisme en fin de compte.

On apprend à l’école que pour raconter une histoire, il faut une poignée de personnages principaux et quelques personnages secondaires. Si nous nous mettons dans le peau de bons élèves (avouez, vous étiez celui toujours au premier rang… Intéressant tiens donc, de savoir quel type d’élève était avant mon audience actuelle), nous devrions suivre un schéma narratif qui est : la situation initiale, l’élément perturbateur, les péripéties, le dénouement et la situation finale. L’astuce est d’avoir une ligne directrice afin de ne pas se perdre dans son discours. Ce dernier doit être clair, facile à comprendre et captivant. Il peut être amusant de perdre le spectateur pour mieux le retrouver ensuite (sinon, bonjour la frustration…). Par ailleurs, vous pouvez également prendre le risque de faire des chutes disruptives (inattendues en sorte) pour marquer définitivement les esprits. Vous trouverez de nombreux conseils dans le livre rédigé par l’organisme TED sur le sujet mais également dans un autre de mes articles sur le leadership! (Pourquoi s’en priver, vraiment).

Parce que lorsque nous voulons ressembler à nos pairs, nous adoptons le mimétisme. C’est l’une des raisons du succès des biographies. Car elles nous plongent dans l’univers de la personne qui nous fascine tant (et si l’on peut prendre quelques tips au passage pour lui ressembler…). Un leader doit constamment s’interroger sur sa capacité à inspirer les autres et sur sa façon de le faire (sainement donc. Svp). Pour ce faire, il est essentiel de posséder une certaine intelligence émotionnelle, ce qui demande notamment de l’empathie. Un leader doit comprendre son public, et c’est pourquoi ses paroles sont si pénétrantes : c’est parce qu’il partage les mêmes problèmes et freins que son public. On peut donc se référer à lui sans avoir la peur d’être jugé (amoindrie du moins). C’est son côté optimiste (pas toujours, mais quand même), confiant et ambitieux qui amènera une personne, une équipe, une foule à le suivre dans sa démarche (j’écris “leader” au masculin pour des raisons de praticité, mais il est évident que le statut de leader concerne les deux sexes). C’est sa capacité à proposer des solutions concrètes, mais surtout des solutions qui soient en phase avec le problème posé.
Il n’y a rien de pire qu’un leader qui soit complètement déconnecté de la réalité, n’est-ce pas ? (Est-ce vraiment un leader dans ce cas ? Je vous le demande).

L’importance de maîtriser la communication non-verbale.

Quand la confiance passe par la posture (et vice versa). Parce que oui, il faut savoir que la posture tient une grande place dans ma vie. C’est mon passé à travers mon éducation avec le fameux “tiens-toi droite!”, mon présent avec une posture actuelle qui ne me satisfait pas et qui ne reflète certainement pas ce que j’aimerais qu’elle dégage de ma personnalité, mais la posture est aussi mon avenir en étant constamment une voie d’amélioration pour atteindre la grâce et la confiance en soi qu’elle devrait dégager. La posture et la confiance en soi sont en effet inexorablement liées. Le livre que je suis en train de lire (en anglais) parle de la technique Alexander. Le créateur de cette “technique” nous met en garde contre ce lien étroit qui est minimisé. Je le recommande car il met l’accent sur une nouvelle façon de se tenir droit qui se dirige vers autre chose que de forcer le placement des épaules en arrière (spoiler alert : c’est inefficace et contre-productif). D’autre part, il parle aussi de la façon dont nos pensées influencent notre posture et comment les améliorer dans une autre dynamique plus positive.

Parfois utilisés à l’excès, parfois trop peu, il est difficile d’évaluer si nos gestes pendant un discours sont dus au stress ou s’ils sont destinés à appuyer ce que nous sommes en train de dire. Dans tous les cas, les gestes doivent être précis et mesurés lors d’un discours. Dans le cas contraire, on risque d’être perçu.e non seulement comme un.e hystérique mais aussi pour quelqu’un qui ne sait pas maîtriser son corps et son espace. Ce serait dommage après tout le dévouement et l’énergie envers ce beau discours. Les gestes sont un atout pour soutenir et appuyer ce qui est dit avec précision par l’orateur.rice, pour ne pas perdre le spectateur. Ils animent le discours et le rendent vivant pour toujours captiver l’attention autant que possible. Les gestes reflètent (énormément) la personnalité de l’orateur et son aisance à un moment donné. C’est pourquoi il est essentiel d’être conscient de ses tics pour les diminuer, mais surtout pour les maîtriser à long terme et les montrer plus fluides dans ses dialogues. Une autre ref qui peut vous venir en aide pour ce faire.

Je voulais aujourd’hui me concentrer uniquement sur la capacité à s’exprimer oralement en tant que leader et sur la manière de le faire, de mon humble point de vue comme toujours. Mais il est évident qu’un leader se distingue par de nombreux autres aspects. Il peut s’agir d’un trait de caractère particulier (Anna Wintour, par exemple, est réputée pour avoir un caractère fort et autoritaire), perturbateur (je pense ici à Elon Musk), ou avant-gardiste (l’immortel Steve Jobs). Et j’en passe. Il existe des centaines de qualités qui peuvent faire de nous un as du leadership. L’astuce consiste à trouver les vôtres et à faire en sorte que votre personnalité et vos idées se traduisent par votre soif d’ambition (sans tomber dans la cupidité et l’égocentrisme. Tout est question d’équilibre encore une fois. Mais libre à vous d’assumer votre dark side. On en a tous un… #evil).

Si la confiance, l’esprit d’aventure et une certaine intelligence émotionnelle sont de mise, même à un baby stade, qu’est-ce qui nous empêche de ressembler à nos leaders préférés?

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